Provence en famille

Des lamas, pas que chez Tintin !

Des lamas en Provence, qui l’eût cru ! On vous emmène en visite dans cette ferme pas comme les autres, sur les contreforts du Ventoux

Il faut remonter en 1984 pour découvrir le secret de la ferme des lamas dans le village du Barroux, devenue première ferme expérimentale de France. Ici, pas de Tintin à l’horizon. Mais la rencontre avec Marie, propriétaire de ces animaux aussi étonnants qu’indépendants qui font le bonheur des agriculteurs, mais aussi des touristes et des enfants.

L’enclos en bois et grillage a été conçu par Marie, propriétaire © Colombe Production

C’est la première fois que je me retrouve face à ces animaux de 2 mètres de haut. J’imaginais ces camélidés dans l’Himalaya, mais je les rencontre dans le village vauclusien Le Barroux, à deux pas du mont Ventoux et des Dentelles de Montmirail.

Marie dresse avec des longes les lamas lorsqu’ils sont jeunes © Colombe Production

J’ai hâte de faire connaissance avec Marie, propriétaire de la ferme aux lamas, mais j’appréhende de les approcher car leur crachat n’est pas une légende. Et la bande dessinée de Tintin « Le temple du soleil » les décrit comme des animaux caractériels. Mais ma curiosité l’emporte…

Le lama est herbivore. Ils est utilisé pour débroussailler sans abîmer les racines © Colombe Production

Comment ces animaux très rustiques sur le plan alimentaire, qui peuvent vivre jusqu’à 5000 mètres d’altitude, ont-ils atterri dans le Vaucluse, au Barroux à 350 mètres d’altitude au sud-est du Ventoux ? C’est Marie, la clé de cette histoire insolite… Aussi discrète que passionnante, c’est aussi elle qui s’occupe aujourd’hui de son cheptel de 16 têtes, un héritage laissé par Pierre-André Scherrer, décédé en 2009.

Le lama n’a pas de sabots mais des coussinets © Colombe Production

Car l’histoire de la ferme aux lamas au Barroux, c’est Pierre-André qui l’a écrite… Jurassien, architecte de formation, son amour pour les animaux le conduit à Brantes où il élèvera des chèvres et développera le métier de tissage. Ami des exploitants agricoles de la ferme du Barroux pour laquelle Pierre-André Scherrer avait eu un véritable coup de cœur, il en devient le propriétaire en 1978, l’année qui précède le gigantesque incendie de la région. A la suite d’un reportage télévisé sur les lamas qui vantait les atouts de cet animal, qui débroussaillent sans arracher les racines, contrairement aux chèvres, Pierre-André Scherrer achète ses trois premiers lamas au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, au Jardin des Plantes.

L’aventure commence pour lui en 1984…
Et voilà qu’en 1986, une jolie Réunionnaise débarque chez lui pour apprendre le tissage. C’est le début d’une romance entre l’élève et le maître de stage.
Marie poursuit aujourd’hui l’œuvre de son compagnon défunt, dans cette exploitation, véritable havre de paix où seuls les lamas se disputent à coups de crachats (jusqu’à trois mètres) : le plus loin, le plus longtemps, le plus fort… Lorsqu’ils sont mécontents.

Les visites des scolaires et des touristes se succèdent au fil des saisons pour découvrir les lamas depuis 1988. Une petite rentrée d’argent qui permet à Marie de payer les charges de l’exploitation agricole et continuer l’aventure.

Marie file la laine et manie le rouet avec dextérité, tout comme ses métiers à tisser © Colombe Production

J’écoute l’histoire de Marie sans mots dire… Comme un enfant qui tout ouïe à un conte. Je regarde Marie filer la laine avec son rouet dans son atelier de tissage qui lui permet aujourd’hui de vivre en partie de la vente de ses châles, tapis et autres productions conçues de ses petites mains douées sur les quatre métiers à tisser qu’elle possède.

Des visites ont lieu toute l’année, pour le plus grand plaisir des enfants ©Colombe Production

Je prends place dans son atelier, frais comme une cave à vin. J’enfile mon gilet et écoute Marie parler de son quotidien avec les camélidés. Ces curieux animaux obéissent à la loi du matriarcat, possèdent un chef désigné à vie (une vingtaine d’années) et mettent bas toute l’année en journée et lorsqu’il fait chaud, après 380 jours environ de gestation.

Marie possède quatre métiers à tisser © Colombe Production

Marie file leur laine, fort isolant thermique, pendant que, dehors, les lamas prennent un bain de soleil sous la chaleur provençale.
Ici, le silence est roi au milieu de la garrigue, entre chênes verts et rocailles.
Dans l’atelier de tissage trône le livre proposé à la vente et écrit par Pierre-André Scherrer, pour tout savoir sur ces camélidés. Je feuillette l’ouvrage très documenté et regarde Marie continuer de tisser le fil de son existence…

Marie vend sa production de châles, de tapis… au fur et à mesure qu’elle les termine © Colombe Production

Ferme aux lamas Scherrer N° 685 ch de Choudeirolles 84330 Le Barroux Tél : 04 90 65 25 46.

Tarif 6 euros pour les adultes. 3 euros pour les enfants de 7 à 14 ans.



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